Une Allemagne toujours dangereuse

Pourquoi rester vigilant

On ne peut rester insensible à ce qui se passe en Allemagne. Depuis 2015, les partis extrémistes avancent dans l’échéquier politique intérieure de l’Allemagne. En 2016, la montée des partis d’extrême-droite est une réalité.

On ne peut rester insensible à ce qui pourrait se préparer, même si le peuple Allemand qui a souffert autant que nous Français des deux dernières guerres mondiales, ne souhaite pour ses enfants que la paix.

En effet, nous devons rester vigilants, car dans l’ombre, parmi certaines de ses élites, des personnalités insoupçonnées peuvent toujours nous surprendre. L’Allemagne s’est historiquement montrée comme un danger. Rien n’est jamais enterré.

Dans « Ce que veut l’Allemagne » (Bartillat 2003), Yvonne Bollmann, maître de conférence à l’Université Paris-XII, très au fait de la vie politique allemande, met en garde pour l’avenir.
Extraits :

En janvier 2001, poursuivant sans relâche son œuvre d’ « ethnicisation », l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une recommandation sur les « droits des minorités nationales ». Elle y affirme d’entrée de jeu que « la protection adéquate des droits des personnes appartenant à des minorités nationales et de leurs communautés fait partie intégrante de la protection des droits de l’homme, et constitue le seul moyen permettant aux États de réduire les tensions ethniques susceptibles d’engendrer des conflits à plus grande échelle ». Les auteurs de ce texte ne craignent pas de manier l’oxymore, et font passer pour des droits de l’homme ce qui en est le contraire. Le prétendu remède va générer le mal qu’il est censé combattre. (…)

La France est invitée par là même à supprimer l’article 1 de sa Constitution, car « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » semble faire désordre dans le paysage européen.

Par ailleurs, les États — dont la France — qui n’ont pas encore ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires doivent, selon l’Assemblée, être incités à le faire. Cela démontre en passant que cette charte n’a pas pour objectif principal la protection d’un patrimoine culturel menacé. Au Conseil de l’Europe, on n’y voit qu’une composante des « droits des minorités nationales. (…)

L’histoire de la France forme un tout. Aujourd’hui non plus, malgré les apparences, les jeux ne sont pas faits.
Le 1er juin 2001, Le Figaro a publié un entretien avec Rudolf von Thadden, coordinateur de la coopération franco-allemande au ministère fédéral des Affaires étrangères.  Il y estime que les Français doivent « renoncer aux ambitions de la nation jacobine », et qu’ « il faudra  défaire  un peu la France si l’on veut faire l’Europe ». On ne peut toutefois défaire « un peu » sans défaire entièrement. Tel un nouveau duc de Brunswick, R. von Thadden menace en somme la France de « subversion totale », si elle n’accepte pas la sorte d’Europe que veut l’Allemagne. Mais il oublie la leçon de Valmy, et se méprend sur le peuple de France. (…)

On voit donc s’accomplir le projet que Klaus Kinkel, alors ministre des Affaires étrangères, a exposé en mars 1993 : « Accomplir quelque chose en quoi nous avons échoué à deux reprises et qui est, en harmonie avec nos voisins, de trouver le rôle correspondant à nos souhaits et à notre potentiel. »
Joschka Fischer, qui allait lui succéder quelques années plus tard, a écrit en 1995 : « Est-ce que l’Allemagne va enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales, c’est-
à-dire une sorte d’hégémonie douce sur l’Europe, résultat de son poids, de sa position géographique, de sa puissance industrielle ? »


flag-812113_640Par ces paroles de Joschka Fischer, « hégémonie douce sur l’Europe », un sentiment d’inquiétude persiste et nous conseille de rester vigilants et d’anticiper les évènements. Que nos enfants ne nous fassent pas un jour le reproche, d’avoir été encore une fois en retard d’une guerre !

Dans « Voyage au bout de l’Allemagne », (éditions du Rocher, 1999), Alain Griotteray et Jean de Larsan mettaient aussi en garde :
Adenauer nous a prévenu. En 1918 d’abord, puis après la Seconde Guerre mondiale, n’est-ce pas lui qui a dit : « Arrimez-nous, nous pouvons être dangereux. Arrimez-nous » : il parlait de l’Allemagne de l’Ouest. Le Général de Gaulle l’avait bien compris. On ne peut construire l’avenir si l’on ignore le passé.

Depuis la chute du Mur de Berlin, c’est le retour en force de l’Allemagne sur la scène internationale. « Wolfgang Schäuble, Président du groupe parlementaire CDU/CSU (…) et Karl Lamers le porte-parole des Affaires de la CDU (…) décrivaient leurs conceptions de la future Europe dans un manifeste. (…) Karl Lamers avait préparé le terrain à cette grande offensive politique en suggérant quelques retouches sur des institutions européennes (…) organiser l’Europe sous le contrôle politique et institutionnel de l’Allemagne, tel était son objectif.

C’est encore un Allemand, le diplomate conservateur Gustav Adolf Sonnenhol, qui écrivait dans les années 80 :
« Nous sommes un grand peuple, mais un peuple dangereux en même temps. On doit nous protéger contre nous-mêmes ». L’Allemagne, dans sa métamorphose, ne peut manquer, en effet, de s’interroger sur elle-même, sur ce qu’elle est réellement, sur ce qu’elle veut ».

Conclusion

« Hégémonie douce sur l’Europe », « Arrimes-nous nous pouvons être dangereux », « Nous sommes un grand peuple, mais un peuple dangereux en même temps. On doit nous protéger contre nous-mêmes » : ces propos résonnent ! Ne prenons pas le risque de recevoir des reproches de la part des générations futures, en particulier d’avoir été encore une fois en retard d’une guerre !
Oui, l’Allemagne a été dangereuse, est dangereuse et le restera. Restons vigilants et anticipons les évènements.