La France dans l’Europe

Faillite de l’économie française et européenne 

1095px-Regions_of_France_(2016),with_departementsNotre société traverse une crise grave à la fois morale, sociale et politique depuis plusieurs années maintenant. Les Français le ressentent au quotidien et sont de plus en plus écœurés.

La société française s’est enfermée dans un système à trois composantes :
– celle du secteur public « protégé » ;
– celle du secteur privé « écrasé » ;
– celle des exclus « abandonnés ».

Nous devrions nous rappeler les paroles du général de Gaulle : « Dès que l’État cesse d’être l’arbitre au nom de l’intérêt général, c’est la foire d’empoigne des intérêts particuliers. » (1)

À l’occasion des élections présidentielles de 2007 et 2012, les Français ne se sont pas rassemblés sur le problème de fond : l’Europe. Ils ont voté pour des problèmes directement lié à l’emploi, à la précarité, aux délocalisations, à la sécurité, à l’enseignement, aux retraites, à la famille et au pouvoir d’achat. Leur vécu quotidien… et c’était bien normal. Mais néanmoins…

Tous ces problèmes dépendent toujours du libre-échange orchestré par Bruxelles et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Il faut par conséquent, en premier lieu, sortir du fédéralisme à l’allemande et de l’emprise de Bruxelles et de l’OMC.

La faillite de l’économie à laquelle nous assistons en France – et plus largement en Europe – est principalement le résultat du non-suivi des recommandations du général de Gaulle à propos d’une confédération d’États-souverains, et de celles de Maurice Allais qui réclamait à la fois de sortir des Traités européens, de rétablir la préférence communautaire et d’instaurer un protectionnisme raisonné et raisonnable au niveau mondial et européen.

Un, deux, trois… et voilà !

Outre les erreurs économiques et sociales de nos gouvernements successifs, s’ajoutant à la crise morale que nous subissons, la cause majeure de la faillite de l’économie, et en particulier du sous-emploi massif actuel, est bien antérieure à la crise financière de 2008. Elle est le résultat de trois phénomènes qui se complètent : libéralisation totale des échanges, ouverture inconsidérée des frontières, immigration incontrôlée.

  1. C’est d’abord la libéralisation inconsidérée et excessive des échanges qui sévit depuis plus de quarante ans – Orchestrée par Bruxelles et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), reprise par Valéry Giscard d’Estaing à l’époque – qui s’est transformée en « libéralisation totale des échanges ».
  2. C’est ensuite l’ouverture inconsidérée des frontières, permettant la prolifération des drogues, des armes de tous calibres et de la prostitution ; permettant aussi la libre circulation de tous produits et capitaux engendrant pour nos entreprises une concurrence déloyale.
  3. C’est enfin une immigration mal gérée, qui non seulement produit aggravation du chômage, mais agit en premier lieu au détriment des pays concernés.

La cassure de 1974

Premier choc pétrolier, première vraie crise.

« De 1950 à 1974, le taux de sous-emploi total s’est élevé de 1,8 % à 3,4 %. Il a très peu varié. Par contre, à partir de 1974, le taux de sous-emploi total s’est élevé très rapidement de 3,4 % en 1974 à 18,3 % en 1987. Il s’est abaissé à 15,7 % en 1990 pour s’élever à nouveau à 20,3 % en 1993. »(1)

« La destruction jour après jour de la société française n’est que le conséquence des politiques dogmatiques mises en œuvre depuis la Grande Cassure de 1974 et qui nous mènent au désastre. Il serait criminel de les poursuivre. »

Pour Maurice Allais, une seule stratégie s’impose, celle de s’unir.

Destruction des emplois depuis 1974 

L’erreur, selon Maurice Allais, a été la suppression progressive dès 1974 de la préférence communautaire, réduisant le Produit Intérieur Brut (PIB) de 30 % et provoquant une crise majeure.

« La politique libre-échangiste de Bruxelles, avec une réduction considérable de toute protection au regard des pays à bas salaires, a réduit et fragilisé l’activité de notre agriculture et de notre industrie, en générant un chômage massif et en réduisant la croissance. Cette politique a aussi permis aux multinationales de réaliser d’énormes profits au détriment de nos petites et moyennes industries et a fortiori de nos petites et très petites entreprises, pour la plupart sous-traitantes des plus grandes. »

Dans son « Combat pour l’Europe » (1999), il met en évidence les tendances telles qu’elles ont été calculées à l’époque : « Le sous-emploi total, au niveau du « Bureau international du Travail » (BIT), est marqué par le traitement social de l’État.”

Situation fin 2014

30 ans plus tard…

Suicides : 1 million d’individus chaque année dans le monde (source OMS) –10 500 par an en France dont 1 tous les deux jours dans le monde agricole (éleveurs en particulier).

Faillites : 63 400 sociétés ont fermé en 2014.

Chômage : septembre 2014, 3 432 500. En avril 2015, les 3 500 000 étaient largement dépassés ; sans parler des non-inscrits pour de multiples raisons, soit plus de 6 millions et demi de sans-emplois.

Faim : 1 million de personnes accueillies aux « Restos du Cœur » ; 130 millions de repas servis dans 2 090 centres.

Si la baisse du pétrole et de l’euro devait se poursuivre, les conditions seraient a priori meilleures pour la consommation, mais pas pour l’investissement. Il faudra encore plusieurs mois avant que l’entreprise soit réellement remise en condition pour relancer un peu les emplois.

C’est pour cela qu’il s’agit de travailler à une nouvelle Europe !

Sur le redressement de l’économie, ce n’est pas d’une lutte contre le chômage dont la France a besoin, mais d’une action pour l’emploi. Il va sans dire que tous les acteurs au cœur de l’économie ont un rôle de premier plan à jouer (y compris les syndicats).


(1 Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Ed. de Fallois/Fayard, Paris, 1994.

(1 Maurice Allais, « Combat pour l’Europe » 92/94 ; « La destruction des emplois » : Le Figaro du 7/12/1999 ; « l’Europe en crise Que faire ? », éditions Clément Juglar, Paris, déc. 2005.