La Monnaie européenne

Réflexion de Maurice Allais sur l’Euro 

 coin-1080535_640« J’ai toujours considéré qu’une monnaie unique devrait être et ne pouvait être que le parachèvement de la réalisation d’une Union Economique et que de ce point de vue la création de l’Euro a été prématurée. Maintenant que l’Euro a été créé (…), je ne vois que des avantages à ce qu’il soit maintenu et la politique de la Banque Centrale Européenne de réaliser une croissance annuelle moyenne des prix de 2 % me paraît entièrement fondée sous la réserve d’un contrôle effectif des mouvements de capitaux avec les pays étrangers ».

 « Aujourd’hui un grand nombre de critiques rendent cette politique responsable des difficultés rencontrées et ils préconisent en fait une politique de relance de l’économie par l’inflation. C’est là une profonde erreur. Les difficultés que nous rencontrons ne proviennent pas de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne mais de la politique de libre échangisme de l’Organisation de Bruxelles. »

« Comme je n’ai cessé de le démontrer depuis cinquante ans l’inflation n’est pas une condition de la croissance. Elle ne peut en fait que la compromettre. Il est effectif que la stabilité de l’Euro tend à le renforcer vis-à-vis des autres monnaies et par suite à entraîner une diminution des exportations de la Zone Euro et une augmentation de ses importations. Mais cet effet n’existe qu’en l’absence de toute protection tarifaire ou contingentaire de la Zone Euro et il ne pourrait être supprimé qu’à la suite d’une profonde réforme du système monétaire international ».

Monnaie Unique ou Monnaie Commune ?

business-361488_640La faillite de l’Euro est en réalité la faillite des soi-disant experts, comme de nos gouvernants successifs, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche ; ces élites irresponsables, qui nous ont imposé depuis plus de quarante ans leurs solutions totalement inadaptées.

De plus, l’échec de l’Euro par transfert vers l’Allemagne de notre souveraineté monétaire, a des effets dramatiques tant pour nos entreprises grandes, moyennes comme petites d’ailleurs, et plus encore pour l’ensemble de nos salariés, de nos retraités, et plus grave encore pour nos jeunes devant préparer leur avenir.

Il est évident, que nos partenaires du Sud ont soufferts autant que nous Français de cette déstabilisation monétaire et pour certains plus encore, ce qui à n’en pas douter les encourageraient à nous suivre dans cette grande réforme à la fois européenne et monétaire.

La Grande Bretagne, les Etats-Unis ou le Japon, entre autres, sont tout simplement navrés comme nombre de nos partenaires d’ailleurs, de constater la débâcle de la France.

Concernant la monnaie, il s’agirait non pas de supprimer la monnaie Unique, mais de transformer l’Euro monnaie Unique en Euro monnaie Commune, ou mieux encore et si techniquement cela s’avérait nécessaire, en Écu monnaie commune, tout en revenant parallèlement aux monnaies nationales.

Avec au sein de cette Europe confédérale, la nouvelle monnaie Commune l’Euro ou éventuellement l’Écu, gérée par la Banque Centrale Européenne (banque de la zone monétaire), qui se superposerait aux monnaies nationales gérées par les Banques Centrales Nationales de chacun des États – (en l’occurrence pour la France, la Banque de France). Ces dernières étant libres de mener la politique monétaire de leur choix.

Ainsi, la Banque Centrale Européenne, dotée de l’Euro ou éventuellement de l’Ecu comme nouvelle Monnaie Commune – n’en déplaise à l’Allemagne –, sans nuire aux Etats partenaires, aurait la possibilité de stabiliser les taux de change au niveau européen, en échappant aux crises monétaires éventuelles.

Par cette solution, nous aurions un retour à la liberté monétaire des États, avec pour ces derniers, la possibilité de se financer auprès de leurs banques centrales. Il s’agirait en outre, de sortir du monopole des banques privées sur la dette des États.

Les États partenaires européens adhérant à cette nouvelle Europe confédérale, auraient ainsi la possibilité d’un retour à la planche à billets des banques, avec une monnaie adaptée à leur compétitivité.

Il conviendrait d’urgence d’engager notre pays dans cette voie, et surtout sans attendre que l’Europe vienne à se dissoudre.

Car ne l’oublions pas, si tel était le cas, l’Allemagne, elle, est prête à nous imposer son diktat, avec un Traité prêt à nous surprendre !

Oui, très vite engageons-nous dans le changement de l’Europe fédérale en une Europe confédérale et des Nations, comme l’avait recommandé en son temps Charles de Gaulle. Là est aussi la solution pour un retour à l’Emploi durable, la seule solution qui vaille…