L’emploi dans tous ses états

Emploi ou croissance : qui porte la culotte ?

La croissance économique résulte de l’accroissement pérenne de la quantité représentative de l’activité économique d’un pays :
– en amont, par la production, l’emploi, la création et l’innovation, la recherche, la formation ;
– en aval par les prélèvements, le financement, l’investissement, le revenu.
La croissance est ainsi mesurée par le taux de croissance annuel du Produit Intérieur Brut (PIB).

Comment peut-on accepter que nos ministres, nombre d’élites, certains économistes ou experts, attendent encore que la croissance leur tombe du ciel ? Certains déclarent même : “Quand la croissance repartira nous ferons des économies, nous lancerons des réformes et nous créerons des emplois…

D’autres encore ajoutent : « Il faut une réflexion européenne sur laquelle s’appuyer pour une réduction des déficits en faveur de la croissance », alors que pour réduire les déficits, il faut outre réformer en profondeur, mais là encore produire et donc créer ou recréer de l’emploi pérenne.

Ainsi, au lieu d’attendre la croissance, c’est l’inverse ! C’est l’Emploi qu’il faut engagé. En effet, la croissance ne créera pas d’emploi, car elle résulte de la production progressive et régulière de nos entreprises, lesquelles au contraire créeront ou recréeront de l’emploi dans la mesure où elles en ont les moyens…

De plus, l’entreprise n’embauche que si elle en a réellement besoin. Besoin qui d’ailleurs rime avec moyen.

Ces moyens doivent lui être fournis par l’État, en priorité en libérant l’entreprise du libre-échange international, ainsi qu’en l’allégeant des charges excessives, et en donnant aux plus modestes davantage de revenus, donc plus de pouvoir d’achat.

Autrement dit, il est impératif d’en finir avec le libre-échange international, le cancer mondial, et plus particulièrement la concurrence des pays à bas salaires.

Notons, que si pour ces élites, c’est la croissance qui crée de l’emploi, ce ne peut être que sur un espace temps extrêmement long, en passant par les prélèvements obligatoires, les économies à réaliser, les investissements à engager, l’éducation et la formation, l’enseignement supérieur et la recherche, la création et l’innovation. Un temps que l’on peut évaluer, sur la base d’une formation accélérée, à au moins six ans.

Par contre, en considérant l’idée inverse, c’est-à-dire que c’est l’emploi qui fait la croissance, en partant de l’Etat qui lui fournit le premier moyen, nous pouvons obtenir un laps de temps beaucoup plus court. Pour un temps évalué non plus à six ans mais à… six mois.

Mais, ce premier moyen quel est-il ? Tout simplement de mettre fin au libre-échange, en particulier à la concurrence souvent déloyale des pays à bas salaires.

De plus, non seulement ce n’est pas une réflexion européenne qui permettra de réduire les déficits, mais surtout, ce n’est pas la croissance qui recréera rapidement de l’emploi. C’est l’emploi lui-même ! Ce que j’appelle “l’Emploi par l’Emploi”

Pas de “croissance” durable sans emploi

Face à cette période de récession et de déficit chronique d’emploi productif que nous supportons depuis plus de quarante ans – emploi marchand j’entends – nous devons comprendre :

  • que pour qu’il y ait « croissance », il faut d’abord « l’entreprise » ;
  • que c’est par l’entreprise que l’on « produit » ;
  • que pour produire, il faut « travailler » ;
  • que pour travailler il faut « employer » ;
  • et que pour employer il faut qu’il y ait eu création ou recréation d’emplois marchands.

« L’EMPLOI D’ABORD » avec obligation, pour l’État, de donner à l’entreprise les moyens d’en créer (premier moyen de la Preuve par neuf, voir La Théorie).

C’est par le travail que l’on peut créer ou recréer de l’emploi « productif ». Aussi anachronique que cela puisse paraître, je prétends que pour créer ou recréer de l’emploi marchand (donc productif), il faut d’abord créer ou recréer de l’emploi. J’appelle cette équation « l’emploi par l’emploi ». Mais pour pouvoir relancer l’emploi, encore faut-il en avoir les « moyens ». Or, quels sont les moyens actuels alors que les caisses sont vides ?

L’action consiste d’abord à faire des économies, mais surtout à changer d’Europe pour enfin mettre fin à la concurrence déloyale des pays à bas salaires ! Si nous ne changeons pas d’Europe, alors le libre-échange international continuera de plus bel, et avec lui la concurrence excessivement déloyale.

C’est la clé de la réponse : passer d’une Europe fédérale à l’allemande à une Europe confédérale et des nations. Pour y arriver, la solution pacifique est de faire sécession.

Que peut-on attendre de nos gouvernants ? Et doit-on en attendre quelque chose ? Comme leurs prédécesseurs, ils n’ont rien compris (ou rien voulu comprendre…). Ils restent incapables de donner à l’entreprise les moyens de créer ou de recréer de l’emploi durable. Ils poursuivent le libre-échange international, en faisant subir à nos entreprises une concurrence irresponsable et en attendant la croissance désespérément.

Cette croissance, simple indicateur économique, ne créera pas plus d’emploi.

Nos gouvernants n’ont rien compris et continuent de camper sur leur position faite de promesses sans lendemain.
Alors qu’en optant pour une “ré-industrialisation”, plutôt artisanale qu’industrielle, on pourrait faire repartir la machine. Mais pas en empruntant, à  l’image de la Grèce, ce qui ne ferait qu’alourdir une dette déjà colossale. En soutenant réellement nos PME et TPE, ces entreprises à échelle humaine qui créent le plus d’emplois, localement.

Les nouvelles formes d’activités s’y prêtent d’ailleurs tout à fait. De plus en plus de monde revient au “local”.
La percée des
makers, des labfab (laboratoire de fabrication) appelés aussi fablab, des tiers-lieux (espaces de coworking par exemple), les plateformes de financement participatifs, les initiatives collaboratives, le développement des imprimantes 3D, les alternatives liées à une envie de choisir sa vie, de faire quelque chose d’utile, qui a du sens (très présent chez la jeune génération), sont autant d’indicateurs d’une nouvelle approche, plus intelligente, plus sociale, souvent écologiques, paramètre nécessaire compte tenu des enjeux énergétiques entre autres.
Enfin, le digital est une révolution à lui seul, qui change la donne et nos habitudes.
Des métiers disparaissent, d’autres se transforment et d’autres naissent. Le monde a changé, le monde évolue et il serait temps de s’y adapter.

Les citoyens l’ont non seulement compris, mais ils s’activent à défier la fatalité : que ce soit sous forme d’associations ou de création d’activités, le “doit yourself”, avec les autres et pour tout le monde, prend de l’essor, à l’instar des “faizeux” du mouvement d’Alexandre Jardin. Face à un système ubuesque et à l’agonie, La France bouge, tout comme d’autres pays. Le salut vient du terrain, de la société civile, et non d’en haut.

Que savent nos représentants politiques formatés depuis le siècle dernier pour garder leurs sièges (au pluriel car souvent ils cumulent encore !) ? Comprennent-ils seulement quelque chose à l’économie circulaire qui va de plus en plus s’imposer naturellement, pollution oblige ? Le mot “croissance” devrait d’ailleurs être remplacé à terme. Par exemple par la notion d’économie viable ou “activité durable”. Ce sera déjà pas mal !

Quoi qu’il en soit, nos gouvernants devraient admettre que le Traité de Partenariat Transatlantique proposé actuellement est contraire à la relance de l’emploi : il ne fera que renforcer la concurrence déloyale des pays à bas salaires !
S’ils ne veulent pas agir dans la direction d’un projet comme celui présenté sur ce site, alors notre pays risque de s’enliser.

La Théorie HD se base sur une réflexion qui aborde les choses différemment, pour les peuples et non contre eux.

Détail de la théorie