Ma démarche

Entrepreneur à la retraite, je me consacre à l’économie depuis plus de vingt ans. Père et grand-père, je m’inquiète sérieusement pour l’avenir de mes enfants et petits-enfants, plus généralement pour l’avenir de la jeunesse. Ce qui se trame, tant au plan de la politique intérieure de notre pays qu’à celui de la construction européenne – sans parler des problèmes liés à la mondialisation ou à l’avenir de la planète – n’a rien de réjouissant.
Qu’allons-nous laisser à nos enfants ?

À une certaine période de ma vie professionnelle, je me suis intéressé à l’entreprise en difficulté et j’ai pu mesurer le poids des mots « exclusion, humiliation ». Parmi les SDF, nous rencontrions des anciens artisans, commerçants, agriculteurs ou industriels venus grossir les rangs des « sans logis ». Du fait de la mutation et d’une mondialisation démesurée, ces personnes avaient tout perdu et pour certaines jusqu’à l’éclatement de la famille, les rendant encore plus vulnérables et fragiles physiquement et moralement. Elles ont été les premières touchées.
Cela peut toucher tout le monde !

Ces meurtris de la vie ont été beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense. Pendant ce temps, les corrompus se doraient au soleil, les dilapidateurs de fonds publics jouissaient de leurs forfaits. La crise de 2008, que l’on voyait pourtant arriver, n’a fait que renforcer la problématique, dont on ressent pleinement les dégâts et contrecoups encore aujourd’hui. Les Français en sont devenus écœurés.

Depuis des années, on ne parle que de la disparition des fleurons industriels, de délocalisations, de licenciements, de dépôts de bilans. Beaucoup de nos compatriotes ont perdu pied. Et tous ne peuvent prétendre à se reconvertir dans ce qui est présenté comme la nouvelle panacée : le monde digital et technologique.

Je plains la jeunesse. Je comprends ceux et celles qui partent pour l’étranger espérant trouver d’autres débouchés, une meilleure possibilité de s’épanouir et de fournir à leur famille un avenir décent. Je comprends leurs aînés, notamment les chercheurs, qui, du fait de salaires limités et d’un manque de moyens pour développer leurs projets, s’expatrient.

Afin de pallier mon ignorance, je me suis plongé depuis vingt ans dans la connaissance des phénomènes concernant l’État, la politique, la société et les hommes. Je me suis mis à étudier, réfléchir, analyser, écouter, lire, et finalement écrire pour émettre et transmettre modestement une autre solution.

L’objet de ce site et de mon projet est de rassembler quelques idées principales ou pistes de réflexion aboutissant à une solution alternative à ce qui nous conduit dans le mur actuellement.

Le cœur de cette réflexion est l’idée qu’un travail pour tous est possible.

Après avoir traversé les écueils et les vicissitudes de la vie d’entrepreneur, aujourd’hui à la retraite, je reste indigné et en colère, avec l’envie d’appeler tous ceux qui souhaitent un vrai changement à se rassembler afin de peser dans la balance des réformes.

Outre le fait de relancer l’économie, ces réformes permettraient de réaliser de substantielles économies indispensables au financement de l’enseignement supérieur, de la recherche, de l’innovation, pour offrir à l’entreprise les moyens de recréer de nombreux emplois durables, aux jeunes diplômés d’assurer leur créativité et avec l’aide de l’État de créer nombre d’entreprises nouvelles, de reconquérir sous d’autres formes, notre industrie, notre commerce et notre agriculture, ainsi que de soutenir les maires de nos campagnes.

C’est après avoir réorienté nos valeurs, notre place en Europe et dans le monde, notre économie et l’Europe des Nations, que nous pourrons mieux appréhender les problématiques du tiers-monde, des peuples en migration. Et peut-être avancer aussi vers plus de paix dans le monde.

Maurice Allais me fit le grand honneur de me recevoir chez lui, à Saint-Cloud, le 22 septembre 2010, quelques jours avant sa disparition (il est décédé le 9 octobre 2010, à 99 ans). Il me confirma son accord me permettant d’insérer sa « Lettre aux Français » en préface de mon essai. Il insista sur le fait de tout faire pour la promouvoir et mettre en avant ses recommandations les plus essentielles.
Déjà, en 2004 et 2008, puis au cours de 2010, après la parution de son texte dans le magazine Marianne du 5 au 11 décembre 2009, je correspondais avec lui. C’était un véritable cours que je recevais chaque fois par téléphone, sur les textes que je lui communiquais ou sur la dernière épreuve de mon essai que je lui avais fait parvenir. J’étais toujours admiratif quant à la répartie ou à sa vivacité d’esprit, compte tenu de son grand âge. Je mesure combien cet homme, physicien et économiste, issu d’une famille modeste, est devenu un exemple pour la jeunesse comme pour les scientifiques, après avoir gravi tous les échelons.
En ce jour de septembre 2010, bien qu’alité, il était toujours très lucide. Mais il était aussi et surtout plein de regrets. En recevant ses confidences, j’étais très ému. Je l’écoutais, patiemment, tout en lui promettant de tout faire, pour autant que j’en eusse les moyens et avec ceux et celles qui voudront bien me suivre, pour que ses idées et recommandations finissent, enfin par être reconnues et mises en œuvre.

Je souhaite donc continuer de faire vivre les idées de Maurice Allais, et du général de Gaulle auxquelles je crois profondément. Leurs constats, leurs prévisions, leurs points de vue m’ont aidé à aboutir à des ouvrages, dont le contenu est repris pour l’essentiel sur ce site, souhaitant faire comprendre à tous que non seulement la solution existe, mais qu’il est temps que nous fassions nous-mêmes bouger les choses, face à des politiques archaïquement immobiles.

En principe, les souverainistes seraient les mieux placés pour engager une Europe des Nations. Mais sauront-ils s’entendre pour y parvenir ? Toujours est-il qu’ils restent très bas dans les sondages, et que de ce fait, on ne peut compter sur eux.
N’attendons pas non plus que certains partis extrémistes s’y emploient : ce serait dangereux pour la démocratie et la paix civile.

Ma démarche est de lancer une réflexion urgente ainsi que d’appeler les uns et les autres à se mobiliser. La vocation de ce site d’information (et blog) est de servir d’outil pour fédérer et partager les réflexions provenant de tous ceux que cela intéresse d’en finir avec des politiques qui nous conduisent dans le mur.

Henri Dubrulle